Gay Pride Lorraine 2006

Publié le par Faerithil

   A Metz, le 3 juin 2006 aura lieu la 4ème Marche des Fiertés LGBT de Lorraine. Une fois de plus, je ne pourrais pas y être mais je tenais quand même à en parler. Le thème adopté pour cette année est: « Mariage, parentalité: l'égalité, c'est pour quand? 2007? ».
   Il y a surtout une partie des revendications qui me tient à coeur: l'intolérance et l'influence de toutes les religions...

Contre l'influence des institutions religieuses sur le pouvoir politique : un sursaut laïque est nécessaire !

- 3 juin 2003 : le Vatican publie un document dans lequel il demande aux hommes politiques catholiques de s'opposer par tous les moyens aux projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes du même sexe. Le texte est alors signé du cardinal Joseph Ratzinger, aujourd'hui à la tête de la curie romaine sous le nom de Benoît XVI.

- Début 2004 : le Vatican et l'Organisation de la Conférence Islamique font pression sur l'ONU pour qu'une résolution condamnant les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre ne soit pas discutée. Le projet est retiré le 30 mars 2004.

- 18 novembre 2004 : en France, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme recommande le retrait du projet de loi condamnant les insultes homophobes et sexistes. Cet avis négatif s'appuie notamment sur la position du cardinal Jean-Marie Lustiger. Quelques jours plus tard, le projet de loi initial est retiré.

- Été 2005 : en Italie, le débat autour de la loi sur la procréation médicalement assistée mobilise le Vatican. Unis derrière le slogan " La vie ne peut pas être soumise au vote, ne votez pas ", le clergé mène campagne. Le 13 juin 2005, le référendum qui portait sur un assouplissement des références à l'embryon en tant qu'être humain a été invalidé en raison d'une très forte abstention.

- 2004-2005 : en Espagne, l'Église catholique exerce des pressions auprès de l'opinion publique et des élus pour stopper la loi sur le mariage entre personnes de même sexe. Les homosexuels sont traités d' " anormaux ", de " virus " et de " dangers sociaux " comparables à des " meurtriers " par des officiels de l'Eglise. La Conférence épiscopale espagnole distribue sept millions de dépliants dans les écoles et les églises. Des maires annoncent qu'ils refuseraient de célébrer des mariages homosexuels. Le 30 juin 2005, les députés ont cependant adopté le projet.

- 1er septembre 2005 : parution de l'Abrégé du Catéchisme de l'Église catholique. Dans cet ouvrage, les actes homosexuels y sont définis au même titre que le viol comme des " péchés " et une " expression du vice et de la luxure ". Il est clairement demandé aux autorités civiles d'empêcher leur " diffusion " par des " lois appropriées ".

- 29 novembre 2005 : le Vatican publie une instruction qui indique aux évêques de ne plus ordonner de prêtres homosexuels, jugés inaptes au sacerdoce. Dans ce texte, le Vatican interdit l'ordination des séminaristes qui ont des pratiques homosexuelles, ainsi qu'à ceux qui présentent " des tendances homosexuelles profondément enracinées ", ou encore qui soutiennent " la culture gay ". Cette instruction entretient une confusion scandaleuse entre pédophilie et homosexualité. Janvier 2006, un prêtre ouvertement gay est démis de ses fonctions aux Pays-Bas.

- 22 février 2006 : le plus haut dignitaire religieux de l'Islam en Russie, le grand mufti Talgat Tadjouddin, appelle tous les " gens normaux " à battre les organisateurs et les participants de la première Marche des fiertés LGBT de Moscou.

- 23 février 2006 : le Vatican organise un séminaire sur l'homosexualité pour dénoncer les revendications sur l'ouverture du mariage aux couples de même sexe et l'homoparentalitéŠ

L'hystérie homophobe du Vatican...

Depuis 2003, on ne compte plus les déclarations fracassantes et les man¦uvres politiques de l'Eglise catholique contre les personnes lesbiennes, gaies, bi et trans, les femmes et le droit de tout à chacun de pouvoir disposer librement de son corps. En Europe comme dans le reste du monde, il ne se passe pas un mois sans qu'un évêque ne relaie auprès de ses fidèles, devant les médias ou dans les sphères politiques cette hystérie homophobe propagée par le Vatican. La plupart de nos concitoyens sous-estiment le pouvoir d'influence de la curie romaine (" Qui écoute encore la parole du pape ? "). Pourtant les faits précités parlent d'eux-mêmes. En janvier 2005, 174 parlementaires français se sont prononcés clairement contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe et contre toute forme d'homoparentalité. Parmi eux, beaucoup ont déclaré que leur prise de position était directement en lien avec leurs convictions religieuses. C'est le cas, par exemple, de M. Céleste LETT, député-maire de Sarreguemines. Même s'il est sans doute vrai que les populations catholiques d'Europe de l'Ouest prennent parfois leur distance avec les discours rigoristes de leur institution, il n'en est pas de même dans les pays majoritairement catholiques des autres continents et d'Europe de l'Est. Il est difficile d'ignorer la corrélation entre l'homophobie d'Etat de la Pologne et la connivence des autorités de ce pays avec le Saint-Siège.

... et des autres institutions religieuses

Si nous sommes particulièrement attentifs aux discours homophobes véhiculés par le Vatican, c'est sans doute parce que nos associations comptent parmi elles de nombreux adhérents et sympathisants de confession catholique qui se trouvent écartelés entre leur foi sincère et la condamnation sans équivoque de leur intimité la plus naturelle. Nous n'oublions pas pour autant l'homophobie ¦cuménique qui rapproche si bien les autorités catholiques, protestantes et orthodoxes. Nous n'oublions pas les discours de haine des autres institutions religieuses monothéistes qui favorisent et parfois ordonnent directement des actes d'une barbarie insoutenable envers les femmes et les personnes lesbiennes, gays, bi et trans. Nous n'oublions pas les deux adolescents homosexuels pendus en Iran le 19 juillet 2005 au nom de l'Islam. Nous n'oublions pas toutes ces femmes condamnées à la lapidation, selon les lois de la Charia, au Nigeria, en Afghanistan, en Iran, au Pakistan. Nous n'oublions pas les deux manifestants poignardés par un intégriste juif lors de la WorldPride de Jérusalem le 30 juin 2005.

Respect du principe de laïcité

Face à l'intolérance à l'égard des lesbiennes, des gays, des bi et des trans manifestée par toutes les institutions religieuses, nous appelons nos concitoyens, croyants, agnostiques et athées, à rester vigilants quant au respect du principe de laïcité. Nous appelons les élus de la République à dénier au communautarisme religieux tout droit d'ingérence dans la vie politique.

Publié dans Gays - lesbiens

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article